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Réunir nature et culture : La Déclaration régionale nord-américaine sur la diversité bioculturelle

28 novembre 2019

Des randonneurs avec des sacs-à-dos s'arrêtent pour observer un champignon au cours d'une randonnée dans un parc sauvage isolé à Sooke, en Colombie-Britannique.

Le Dialogue nord-américain sur la diversité bioculturelle, tenu à Montréal en mai 2019, a rassemblé plus de 120 participants autochtones et non autochtones dans le but :

  • d’explorer les liens entre la diversité biologique et culturelle
  • d’évaluer les facteurs de perte de diversité
  • de trouver des solutions aux problèmes mondiaux comme les changements climatiques et le développement non durable

De façon générale, l’objectif était d’encourager les 196 parties de la Convention sur la diversité biologique (CDB) à réfléchir à ce qui suit :

  • les liens entre la diversité biologique et culturelle
  • le concept de diversité bioculturelle dans le cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020

Qu’est-ce que la « diversité bioculturelle »?

La diversité bioculturelle désigne la diversité de tous les aspects de la vie – pas seulement la diversité biologique (comme nous pourrions le croire), mais également la diversité culturelle et linguistique.

Elle représente la façon dont les gens et le monde naturel ont évolué au fil du temps. Pendant des milliers d’années, les populations ont développé des cultures, des langues et des systèmes de connaissances et de croyances en interagissant non seulement entre elles, mais également avec les plantes, les animaux et les paysages qui les entouraient.

Par conséquent, les valeurs, croyances et visions du monde qu’elles ont par rapport à la biodiversité ont tendance à être interconnectées avec des éléments comme la santé de l’écosystème, l’utilisation de ressources durables, le bien-être humain, les moyens de subsistance traditionnels ou locaux et les occasions de gérance environnementale.

Nous savons que la diversité biologique rend les écosystèmes plus résilients. En poussant cette idée, il est clair qu’il sera plus facile pour les sociétés d’être plus résilientes – de s’adapter aux menaces comme les changements climatiques et les conditions météorologiques extrêmes – si elles acquièrent diverses connaissances et adoptent des systèmes de gestion des ressources. Il s’agit de la portion culturelle de la diversité bioculturelle.

Pour accomplir cela, nous avons besoin d’approches intégrées à la recherche, aux politiques et à la gestion. Cela pose un défi, car il existe depuis longtemps une coupure institutionnelle entre nature et culture. En d’autres termes, nos politiques, outils et cadres tendent à aborder la diversité biologique et la diversité culturelle de façon distincte plutôt de les percevoir comme étant indivisibles. Cela a entraîné des programmes et des approches contradictoires.

Heureusement, cela change (lentement) alors que nous commençons à reconnaître que pour régler les problèmes environnementaux et sociaux complexes d’aujourd’hui, nous devons adopter des approches et des points de vie qui respectent les connexions entre les humains et la nature, et qui en tirent parti.

Il est important de reconnaître que la biodiversité la plus riche de la planète existe souvent sur les terres gérées par les peuples autochtones et les communautés locales. Nous devons respecter, protéger et promouvoir leurs points de vue, connaissances, innovations et modes de vie. Notre avenir en dépend.

La directrice de la Kahnawá:ke Survival School explique le programme unique offert à cette école.
La directrice de la Kahnawá:ke Survival School explique le programme unique offert à cette école.
Photo: CICADA - Centre pour la conservation et le développement autochtones alternatifs
Liette Vasseur, présidente, Commission canadienne pour l'UNESCO, parle lors du Dialogue nord-américain sur la diversité bioculturelle
Liette Vasseur, présidente, Commission canadienne pour l'UNESCO
Photo: CICADA - Centre pour la conservation et le développement autochtones alternatifs

Collaboration pour la diversité bioculturelle

Le Dialogue nord-américain sur la diversité bioculturelle a été organisé par le Centre pour la conservation et le développement autochtones alternatifs dans le cadre du programme conjoint « Linking Biological and Cultural Diversity » entre l’UNESCO et le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique.

Les partenaires comprenaient notamment :

Pourquoi portons-nous actuellement un si grand intérêt envers la diversité bioculturelle?

Des activités internationales ont récemment propulsé la diversité bioculturelle sous le feu des projecteurs. Une de ces activités est la 15e Conférence des Parties de la CDB qui se tiendra l’année prochaine à Kunming en Chine. La CDB est entrée en vigueur en 1993. Elle compte trois objectifs principaux :

  • Conserver la diversité biologique (c’est-à-dire l’ensemble des écosystèmes, espèces et ressources génétiques)
  • Utiliser les composants de la diversité biologique de façon durable
  • Partager les avantages des ressources génétiques équitablement, spécialement celles destinées à un usage commercial

En 2010, les États participants ont adopté un Plan stratégique pour la biodiversité révisé et mis à jour pour la période 2011-2020. On s’attend à ce que la 15e Conférence des Parties mette à jour ce plan et adopte un cadre pour l’après-2020 comme étape pour réaliser sa vision pour 2050 de « vivre en harmonie avec la nature ».

D’autres développements ont également rehaussé l’importance de la diversité bioculturelle. Par exemple, en août 2019, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié le Rapport spécial sur le changement climatique et les terres émergées. Il reconnaît que les connaissances autochtones et locales, les droits fonciers communautaires et la participation communautaire autochtone et locale sont essentiels aux efforts d’adaptation et d’atténuation des changements climatiques.

Et bien sûr, 2019 est l’Année internationale des langues autochtones. De nombreuses personnes et organisations renforcent le message que les peuples autochtones sont des chefs de file en matière d’environnement, et que leurs langues font partie intégrante de leurs cultures et représentent des systèmes complexes de connaissances et de communication.

Aperçu de la Déclaration régionale sur la diversité bioculturelle

Dans ce contexte, les participants du Dialogue nord-américain ont adopté la Déclaration régionale nord-américaine sur la diversité bioculturelle. Cette déclaration contient des principes et des mesures visant à rendre les communautés plus résilientes et à renforcer les liens entre la diversité biologique et culturelle. Elle reconnaît également l’importance des langues, connaissances et systèmes de gestion autochtones dans la préservation de la diversité bioculturelle. Elle met l’accent sur l’importance du respect des droits autochtones.

Les recommandations de la Déclaration soutiennent notamment :

  • La gouvernance et l’utilisation durable par les Autochtones des territoires, terres et cours d’eau traditionnels
  • Les stratégies dirigées par des Autochtones pour protéger, revitaliser et soutenir les langues et systèmes de connaissances autochtones
  • L’assurance que les jeunes Autochtones seront exposés aux langues et aux connaissances traditionnelles de leurs cultures

La Déclaration recommande également de veiller à ce que les peuples autochtones prennent part à toutes les discussions qui les concernent. Cela comprend la participation à la création du cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 et la mise en œuvre de la CDB de façon générale.

La Déclaration est un cadre important. Elle soutient des politiques, programmes et projets qui respectent, restaurent et promeuvent les forces de la diversité bioculturelle, et qui en tirent parti, pour aborder les défis socio-environnementaux les plus urgents auxquels fait face la société mondiale.

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